Droits de douane et TVA : ce qui tombe vraiment à l'arrivée
Le prix usine n'est pas le coût de revient. À l'entrée dans l'UE, deux lignes s'ajoutent presque toujours : les droits de douane et la TVA.
Tout part de la valeur en douane : en général le prix payé pour la marchandise, augmenté du transport et de l'assurance jusqu'à la frontière de l'Union (une base proche du CIF). C'est sur ce montant que se calcule le reste, pas sur le seul prix FOB. Sous-évaluer cette base pour « payer moins » est une fausse bonne idée : c'est précisément ce que la douane contrôle, et un redressement coûte bien plus que les droits économisés.
Les droits de douane dépendent du classement tarifaire de votre produit : la nomenclature TARIC, un code à plusieurs chiffres qui détermine le taux applicable. Pour beaucoup de biens manufacturés, le droit se situe entre 0 et 10 %, mais certaines catégories (textile, chaussure, vélos…) sont nettement plus taxées. Un mauvais code, et vous payez trop, ou vous vous exposez à un redressement et à des pénalités. Trouver le bon code est un métier ; nous le cadrons avec votre transitaire avant d'engager une commande.
Au-delà du droit « normal », certains produits chinois supportent des droits antidumping ou compensateurs, parfois très lourds (panneaux, vélos électriques, vaisselle, et d'autres familles selon les enquêtes en cours). Ils s'ajoutent au droit classique et changent radicalement un coût de revient. Vérifier l'existence d'une mesure antidumping sur votre code TARIC fait partie des premiers réflexes, un oubli ici peut transformer une bonne affaire en perte sèche.
La TVA à l'importation, 20 % en France pour le taux normal, s'applique sur la valeur en douane augmentée des droits (et de certains frais). C'est une mécanique de trésorerie autant que de coût : depuis 2022, en France, elle est autoliquidée, c'est-à-dire déclarée et déduite en même temps sur la déclaration de TVA, sans avance de trésorerie pour une entreprise assujettie. Pour un importateur récupérant la TVA, elle pèse donc sur le cash-flow, pas sur la marge finale.
Pour importer à titre professionnel, un numéro EORI est requis : c'est votre identifiant unique auprès de la douane européenne, à obtenir en amont (la démarche est rapide mais bloque tout si elle manque le jour de l'arrivée). Selon les produits, d'autres formalités s'ajoutent : certificats, normes, parfois licences.
N'oubliez pas les frais annexes, souvent sous-estimés : dédouanement, manutention au port, éventuel magasinage si le conteneur attend, et frais de livraison finale. Pris isolément ils paraissent modestes ; cumulés, ils pèsent sur le coût réel au carton. Les anticiper évite la mauvaise surprise au moment de la facture du transitaire.
Dernier point, et non des moindres : les règles, taux et seuils évoluent, et chaque situation a ses particularités. Les repères ci-dessus servent à raisonner juste, pas à se substituer à un transitaire ou à un expert-comptable, que nous vous recommandons de consulter avant tout engagement chiffré. C'est aussi pour cela que nous cadrons chaque dossier avec les bons professionnels.
Le droit pèse, la TVA se récupère, mais l'antidumping et les frais annexes font souvent la vraie différence. Pour chiffrer en deux minutes, notre calculateur de coût de revient débarqué fait le travail.