
Marchandise non conforme : que faire avec un fournisseur chinois
Les cartons sont arrivés, la marchandise ne correspond pas au bon de commande ni à l'échantillon de référence, et le solde est déjà parti. Cet article détaille les gestes qui comptent dans les premiers jours, les leviers de négociation réels et les recours possibles, pour transformer un lot défectueux en dossier négociable.
Figer la preuve dans les premiers jours
Un litige se gagne rarement sur le ton de la discussion, il se gagne sur la preuve. À l'ouverture des cartons, photographiez palettes, marquages et défauts, et filmez l'ouverture d'un mouvement continu. Rassemblez la proforma, le bon de commande, les échanges de validation et surtout l'échantillon de référence, qui servira de mesure dans toute la négociation. Un constat daté des premiers jours est difficile à contester ; un constat reconstruit des semaines plus tard, presque jamais.
Quantifiez ensuite. Comptez les pièces défectueuses et classez les défauts en deux familles : les défauts majeurs, qui rendent le produit invendable ou dangereux, et les défauts mineurs, qui laissent la vente possible. Un lot majoritairement défectueux ne se négocie pas comme un lot concerné par une fraction des pièces. Ce décompte écrit est ce que l'usine prendra au sérieux, et ce qu'un organisme d'inspection demandera pour intervenir sur place.
- Photographiez et filmez l'ouverture des cartons sans mise en scène, marquages visibles
- Comparez la marchandise reçue à l'échantillon de référence et au cahier des charges
- Comptez les défauts majeurs, qui empêchent la vente, et les défauts mineurs, qui la laissent possible
- Conservez quelques cartons non ouverts : ils servent de témoins en cas d'inspection
À lire aussi Inspection avant chargement : le protocole PSI en Chine
Ce que dit votre contrat, et le droit qui s'applique à défaut
Relisez d'abord la proforma et le contrat d'achat : clauses de qualité, échantillon validé, pénalités, procédure de réclamation, droit applicable, clause d'arbitrage. Beaucoup de proforma restent muettes sur ces points, et c'est là qu'intervient le droit supplétif. La CISG, la convention des Nations Unies sur les contrats de vente internationale de marchandises, s'applique par défaut entre une société française et une société chinoise, les deux États l'ayant ratifiée.
Deux dispositions structurent le litige. L'article 38 impose d'examiner la marchandise dans un délai aussi court que possible. L'article 39 impose d'avertir le vendeur de toute non-conformité dans un délai raisonnable, deux ans au plus après la remise des marchandises ; passé ce plafond, l'acheteur perd le droit de l'invoquer. En pratique, le délai utile est bien plus court : une réclamation formulée dans les jours qui suivent la réception porte, une réclamation tardive se voit opposer une manutention, un transport ou un usage qui expliquerait tout.
- Vérifiez la clause qualité, la référence à l'échantillon signé et la procédure de réclamation
- Vérifiez le droit applicable et le siège d'arbitrage, souvent en Chine ou à Hong Kong
- Respectez les délais de réclamation fixés par le contrat
À lire aussi Lire une facture proforma chinoise : ligne par ligne
Négocier : les leviers qui restent
Le premier levier est le solde. Tant que la marchandise n'est pas payée en totalité, la négociation se déroule d'égal à égal : une usine qui attend son solde discute plus volontiers qu'une usine déjà payée. C'est la raison pour laquelle les acheteurs expérimentés paient en deux temps, un acompte à la commande puis un solde déclenché après une inspection avant chargement. Un paiement intégral avant le départ transforme ensuite le litige en démarche suppliante.
Le second levier est le volume à venir. Une usine qui espère vos commandes suivantes fait un calcul de rentabilité, pas une question de principe. Remise sur la facture, tri ou retouche des pièces défectueuses, refabrication partielle, reprise du lot dans la commande suivante : ces issues sont fréquemment atteignables, parfois combinées. Menez la discussion par écrit, décompte à l'appui, et en chinois pour contourner le filtre du commercial qui traduit à sa manière.
Laissez enfin une issue honorable à votre interlocuteur : une réclamation lancée comme un accusé ferme la discussion, la même présentée comme un problème à résoudre pour la commande suivante débloque une remise.
- Une remise sur la facture, proportionnée au décompte des défauts
- Un tri ou une retouche des pièces défectueuses en usine
- Une refabrication partielle du lot, contrôlée avant expédition
- Une reprise du lot dans la commande suivante, par compensation
À lire aussi Conditions de paiement usine en Chine : acompte, solde, L/C · Négocier avec une usine chinoise : prix, délais, conditions
Les recours formels quand la négociation échoue
La première étape formelle ne coûte rien : la mise en demeure écrite. Rappel des faits, référence au contrat et à l'échantillon, demande précise, délai de réponse, pièces jointes. Elle prépare tout ce qui suit et montre que le dossier est tenu. Si l'usine reste sourde, la voie contentieuse dépend de la clause d'arbitrage : beaucoup de contrats chinois prévoient un arbitrage en Chine, par exemple devant la CIETAC, d'autres à Hong Kong devant la HKIAC.
Le point décisif est l'exécution. Une sentence arbitrale rendue en Chine ou à Hong Kong circule mieux qu'un jugement étranger : la France et la Chine sont parties à la convention de New York de 1958, qui facilite la reconnaissance des sentences arbitrales. Un jugement rendu par un tribunal français, lui, reste difficile à faire exécuter en Chine. Avant d'engager une procédure, comparez donc le coût du contentieux à la valeur réellement récupérable : sur beaucoup de litiges de qualité, la négociation appuyée par une pression documentée reste la voie réaliste.
- Adressez une mise en demeure écrite avec pièces jointes et un délai de réponse
- Relisez la clause d'arbitrage avant toute démarche contentieuse
- Pour un enjeu important, prenez conseil auprès d'un avocat habitué au contentieux Chine
Empêcher le litige suivant
La plupart des litiges de conformité se règlent avant le départ du conteneur, quand refuser un lot coûte à l'usine et pas encore à vous. Un échantillon de référence signé, un cahier des charges précis, un contrôle avant chargement sur plan d'échantillonnage AQL, avec un seuil de l'ordre de 2,5 pour les défauts majeurs en produits grand public : ce triptyque détecte le lot défaillant tant qu'il est encore dans l'usine. Avant le chargement, vous avez le pouvoir de refuser ; après l'arrivée, il ne reste qu'une négociation.
La structure de paiement fait le reste : un acompte raisonnable à la commande, un solde déclenché après une inspection concluante, jamais de règlement intégral avant le départ. À la réception, ouvrez et inspectez les premiers cartons pendant que la réclamation est encore recevable, et conservez tous les échanges. Un dossier documenté au fil de l'eau se règle beaucoup mieux qu'un dossier reconstruit après coup.
- Validez un échantillon de référence signé avant le lancement de la production
- Faites contrôler le lot en usine avant le solde, sur plan d'échantillonnage AQL
- Payez en deux temps et liez le solde à un contrôle conclu
- Ouvrez et inspectez les premiers cartons dès la réception
À lire aussi Cahier des charges produit : le tech pack que l’usine suit
Ce que Sorva fait pour vous
Un litige de conformité se porte mieux en terrain connu. Notre maison de courtage et sourcing dispose d'une équipe sinophone à Guangzhou, qui porte la réclamation en chinois auprès du responsable qualité et du dirigeant de l'usine, avec les photos, le décompte des défauts et l'échantillon de référence. Nous ne parlons pas chinois nous-mêmes, et c'est précisément pour cela que cette équipe existe. Elle évalue sur place ce qui est négociable, obtient les remises et les refabrications, puis contrôle le lot de remplacement avant qu'il ne quitte l'atelier.
Dans la plupart des cas, vous ne payez pas d'honoraires : vous ouvrez un dossier, nous négocions la marchandise pour vous et nous prenons une commission sur sa valeur départ usine. Cette logique vaut aussi en amont, avec une vérification du fournisseur avant la commande et un contrôle avant chargement avant le solde, pour que le prochain lot arrive conforme.
À lire aussi Commission de sourcing : taux, assiette et fonctionnement
Un litige de conformité se joue dans les premiers jours : preuve figée, décompte des défauts, réclamation écrite dans les délais. La première chose à faire est de rassembler contrat, échantillon de référence et photos datées, puis de rouvrir la négociation tant qu'un levier existe, le solde non payé en tête.
Faites inspecter votre production
Questions fréquentes
01Que faire si le fournisseur nie la non-conformité ?
02L'assurance transport couvre-t-elle une marchandise non conforme ?
03Quel délai pour formuler la réclamation ?
04Trade Assurance peut-elle rembourser un lot non conforme ?
05Faut-il poursuivre le fournisseur devant un tribunal français ?
La prestation qui correspond
- CommissionCommission sur volumeVous ouvrez un dossier, nous trouvons et négocions l’usine. Nous ne sommes payés que sur la marchandise que vous commandez.150 €frais d’ouverture de dossierVoir la prestation
- À l'unitéVérification d'un fournisseurQui est vraiment l'entreprise en face : licence d'exploitation, capital, périmètre autorisé, droit d'exporter.79 €par fournisseurVoir la prestation
- À l'unitéContrôle avant chargementQuantités, emballage, marquage, état du conteneur, rapport photo, avant que la marchandise parte.229 €par chargementVoir la prestation