Vue plongeante sur le pont chargé de conteneurs colorés d'un porte-conteneurs en pleine mer.
Logistique

Assurance transport marchandise : couverture, franchise, exclusions

Entre l’usine chinoise et votre entrepôt, la marchandise change de mains, de mode de transport et de régime de responsabilité plusieurs fois. Quand un conteneur tombe à l’eau ou qu’un incendie éclate en cale, votre seul recours solide reste la police d’assurance que vous aurez souscrite, non le plafond d’indemnisation du transporteur.

Mis à jour le 18 septembre 2026

La responsabilité du transporteur ne remplace pas l’assurance

Les conventions de transport plafonnent ce que doit le transporteur. En maritime, les règles de La Haye-Visby (convention de Bruxelles de 1924, protocole de 1968), applicables au connaissement classique, limitent l’indemnité à 666,67 droits de tirage spéciaux par colis ou 2 DTS par kilogramme, la limite la plus élevée étant retenue. En aérien, la convention de Montréal du 28 mai 1999 plafonne l’indemnité fret à un peu plus de vingt DTS par kilo, montant révisé périodiquement par l’OACI. Le DTS, panier de devises du FMI, vaut environ 1,3 dollar.

Sur un conteneur de marchandises légères et chères, ces plafonds couvrent une fraction minime de la facture. Il faut encore prouver que le dommage est survenu sous la garde du transporteur, respecter les délais de réclamation, et espérer que la compagnie soit solvable le jour du sinistre. Une police d’assurance marchandise inverse la logique : elle indemnise la valeur convenue, sans discussion sur ces plafonds.

  • En maritime, émettez des réserves écrites à la livraison ; une avarie non apparente doit être signalée au transporteur dans les trois jours (règles de La Haye-Visby).
  • En aérien, l’avarie doit être signalée dans les quatorze jours suivant la réception, et un retard de livraison dans les vingt et un jours (convention de Montréal).
  • La réclamation adressée au transporteur ne vaut pas reconnaissance de sa responsabilité, et elle ne remplace pas la déclaration de sinistre à votre assureur.

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Clauses A, B et C : les trois niveaux de couverture

L’assurance maritime s’appuie sur les clauses types de l’Institute Cargo Clauses, dans leur édition du 1er janvier 2009. Les clauses C couvrent les sinistres majeurs : incendie, explosion, naufrage, échouement, collision, jet à la mer et sacrifice en avarie commune. Les clauses B ajoutent des risques nommés intermédiaires : entrée d’eau de mer ou d’eau douce, lavage par-dessus bord, foudre, séisme, perte totale d’un colis tombé à l’eau lors d’un transbordement. Les clauses A, dites « tous risques », couvrent tout sinistre fortuit sauf les exclusions listées : c’est le niveau attendu pour une marchandise emballée de valeur.

Depuis les Incoterms 2020 de la Chambre de commerce internationale, un vendeur CIF doit souscrire au minimum des clauses C, et un vendeur CIP des clauses A. En FOB, FCA ou EXW, c’est l’acheteur qui assure et choisit son niveau. Ce minimum légal suffit rarement : des clauses C n’indemnisent ni le vol, ni la mouillure qui ne suit pas un naufrage.

  • Clauses C : sinistres majeurs, prime la plus basse des trois, protection minimale.
  • Clauses B : risques nommés intermédiaires, mouillure et colis tombés à l’eau couverts, vol non couvert.
  • Clauses A : tous risques sauf exclusions, vols et manquants compris, prime la plus élevée.

Ad valorem : assurer la vraie valeur de la marchandise

Une police ad valorem indemnise la valeur que vous déclarez, et non un forfait au kilo. La valeur assurée se calcule par convention sur la base du coût marchandise plus le fret, majorés le plus souvent de 10 % pour couvrir les frais annexes. Si vous déclarez moins que la valeur réelle, l’assureur applique la règle proportionnelle : l’indemnité est réduite dans le même rapport que la sous-assurance.

Ne confondez pas avec la déclaration de valeur ad valorem adressée au transporteur : contre une surtaxe, elle relève son plafond d’indemnité, mais elle ne vaut pas police. Vérifiez aussi la couverture du fret, et des droits de douane si besoin : une extension dédiée existe, utile quand la perte survient après dédouanement, moment où les droits acquittés deviennent définitifs.

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La franchise : ce qui reste à votre charge

La franchise est la part du dommage qui demeure à votre charge à chaque sinistre. Elle s’exprime en montant fixe ou en pourcentage de la valeur assurée. Une franchise absolue se déduit systématiquement. Une franchise relative ne joue que si le dommage dépasse son seuil : dans ce cas, tout est indemnisé. La différence change tout sur les petits manquants, relisez la clause.

Les marchandises fragiles portent souvent une franchise spécifique plus élevée, car le bris est difficile à dater et à éviter. L’emballage n’est pas qu’une affaire de production : un emballage jugé insuffisant est une exclusion classique, et une franchise rédhibitoire peut rendre la police presque inutile sur du verre ou de la céramique. Jugez prime et franchise ensemble, jamais séparément.

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Avarie commune : le piège des expéditions intactes

L’avarie commune est un mécanisme ancien, aujourd’hui codifié par les règles York-Antwerp de 2016. Lorsque l’équipage sacrifie volontairement une partie du chargement pour sauver le navire, ou engage des frais extraordinaires comme un remorquage d’urgence, la perte est répartie entre tous les intérêts sauvés, au prorata de leur valeur : armateur, chargeurs, y compris ceux dont la marchandise a été jetée à la mer.

Le piège : votre conteneur peut arriver intact et déclencher malgré tout une demande de contribution. Sans police, l’armateur bloque la livraison jusqu’au dépôt d’une caution et au règlement de sa part. Avec des clauses A, votre assureur avance la contribution avarie commune et conduit la liquidation avec l’expert de l’armateur. Beaucoup d’importateurs découvrent ce mécanisme après coup : c’est une raison majeure de souscrire, même sur des lignes courtes.

Ce que l’assurance n’indemnisera pas

Des clauses A ne sont pas un chèque en blanc. Le vice propre de la marchandise, l’emballage insuffisant ou inadapté, le retard pur, la faute intentionnelle de l’assuré, la perte de marché et les conséquences des radiations nucléaires restent exclus. La guerre et les grèves ne sont couvertes que par des extensions dédiées, les clauses guerre et les clauses grèves, facturées selon les zones traversées.

Certaines marchandises sont exclues d’office ou acceptées sur devis : animaux vivants, denrées périssables, objets et véhicules d’occasion, métaux précieux et pierres. L’insolvabilité du transporteur est aussi souvent hors police de base. Demandez la liste des exclusions avant la signature, pas après le sinistre, et vérifiez que vos pratiques d’emballage satisfont aux exigences du contrat.

  • Vice propre : une marchandise qui se dégrade d’elle-même n’est pas un sinistre.
  • Emballage insuffisant : l’expert s’appuie sur le moindre défaut de conditionnement pour rejeter la réclamation.
  • Retard : le préjudice commercial d’une livraison en retard n’est pas couvert.
  • Guerre, grèves, confiscation : extensions spécifiques à souscrire selon l’itinéraire.

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Ce que Sorva fait pour vous

Notre équipe sinophone à Guangzhou vérifie l’emballage et supervise le chargement avant le départ : un conditionnement conforme fait la différence entre une réclamation indemnisée et une réclamation rejetée pour emballage insuffisant. En tant que maison de courtage et sourcing, nous choisissons avec vous le niveau de clauses adapté à la marchandise, fixons la valeur à déclarer et coordonnons transitaire et assureur, du prix départ usine jusqu’au dédouanement. Si un sinistre survient, nous constituons le dossier : réserves, photos, connaissement, factures, expertise.

Dans la plupart des cas, vous ne payez pas d’honoraires : vous ouvrez un dossier, nous négocions la marchandise pour vous et nous prenons une commission sur sa valeur départ usine.

Ce qu’il faut retenir

Le transporteur est plafonné par la convention, votre police ne l’est pas : assurez la valeur réelle ad valorem en clauses A, en surveillant la franchise et les extensions guerre et grèves. Avant le premier conteneur, faites vérifier l’emballage et le chargement : c’est ce qui fait jouer la police le jour du sinistre.

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Questions fréquentes

01Qui doit souscrire l’assurance transport : le vendeur chinois ou moi ?
Tout dépend de l’Incoterm. En CIF et CIP, le vendeur doit fournir une police, minimale en CIF (clauses C), étendue en CIP (clauses A), puis vous la transférer. En FOB, FCA ou EXW, c’est à vous d’assurer, idéalement dès la sortie d’usine.
02Que récupère-t-on si la marchandise est perdue sans assurance ?
Au mieux le plafond du transporteur, s’il est reconnu responsable et solvable : en maritime, 666,67 DTS par colis ou 2 DTS par kilo ; en aérien, un peu plus de vingt DTS par kilo. Sur des marchandises denses et chères, cela couvre une fraction faible de la valeur réelle.
03L’avarie commune peut-elle vraiment me toucher ?
Oui. La contribution se calcule au prorata de la valeur de chaque chargement sauvé, quelle que soit sa taille, et un conteneur arrivé intact peut déclencher une demande. Sans police, vous déposez une caution avant de récupérer la marchandise ; avec des clauses A, l’assureur avance pour vous.
04Que faire dès la découverte d’une avarie à l’arrivée ?
Émettez des réserves écrites au transporteur, photographiez colis et emballages, et déclarez le sinistre à votre assureur sans délai. En maritime, une avarie non apparente se signale dans les trois jours ; en aérien, dans les quatorze jours. L’assureur peut organiser une expertise contradictoire avant toute réparation.